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22 February 2015



Photo: ashadedviewonfashion.com

Vous vous souvenez d'Eugène Riconneaus? J'en parlais il y a plusieurs mois le couvrant d'éloges et de révérences (ici) tant le bonhomme déborde de talent - c'est juste éblouissant. Mais le plus cool, c'est qu'Eugène est plein de surprises et des bonnes, de surprises. Le 16 février 2015 débutait l'exposition "New York" en collaboration avec... Larry Clark. Oui, le réalisateur et photographe le plus cool et dérangeant de tout l'univers. Donc. En plus d'être un shoe designer qui frôle l'excellence, Eugène est un petit touche-à-tout sensible à la photographie. Mais attention, la chaussure d'abord. Puisqu'à l'issue de l'exposition, il est possible de se dégoter une paire top limited edition Eugène Riconneaus x Larry Clark. Mieux qu'une sucette après le dentiste, n'est-ce pas?

C'est où?
Galerie ADC 76 rue Quincampoix


9 January 2015

L'EXODE RURAL



Paraboot, la chaussure du travailleur, la godasse "travail, famille, patrie", le godillot tout terrain fabriqué en Isère. Ca, c'est l'image désuète de la marque puisque la fierté française et la qualité bleu, blanc, rouge fait en réalité un carton du côté du Japon. Qui l'eut cru? Le modèle emblématique s'appelle Michael et il se porte comme un gant appareillé à un look casual chic et preppy. Les photos ci-dessous proviennent de sites 100% Japan. On est loin de l'image déglinguée ou très coincée des japonais, si bien qu'on croirait à des photos du blogueur d'à côté. Et pourtant, les nouveaux riches (et les plus vieux) japonais sont des friands (miam) du "made in France" et c'est d'ailleurs eux qui représentent pour Paraboot la plus grosse part des bénéfices engendrés à l'étranger. La Paraboot se porte aussi en Russie ou en Grande-Bretagne. Le succès à l'étranger a sans doute était possible ces dernières années pour une simple et bonne raison: la marque n'a pas souffert de cette image "bougeois-catho" qui colle à ces chaussures. Pourtant la qualité est superbe et l'achat d'une paire de Paraboot est un investissement sur des années.
Puisque la mode est un éternel recommencement, je parie que Michael va revenir sur le devant de la scène, si timide soit-il. 
Oh mais attendez! J'ai l'impression que Jeffrey Campbell est tombé sous le charme de son cousu norvégien. Mais parce que Jeffrey Campbell est un indécrottable excentrique, celui-ci l'a surélevé d'une énoooorme plateforme. Je me demande à quel corps de métier ce modèle serait destiné?




       
Arch Heritage

Jeffrey Campbell sur NastyGal


5 January 2015

LES WELLIES SE PORTENT BIEN

Outre-Manche, les bottes en caoutchouc sont appelées "wellies" ou plus sobrement "wellington boots". Pas spécialement branchées en France, celles-ci sont un must-have en Grande Bretagne et d'autant plus si elles sont signées Hunter.  Un classique donc, un peu comme la ballerine Repetto en France, si vous voyez l'image.
Fermement établi comme un modèle culte, les bottes Hunter ont été initialement conçues il y a plus de 150 ans pour conquérir la Grande-Bretagne, territoire parfois hostile que la météo imprévisible a forgé. Depuis lors, Hunter est passé au rang de maître dans l'art de faire des bottes et des chaussures en caoutchouc tout en y associant une pointe de technologie moderne. La réputation de la marque n'a cessé 
de s'élever jusqu'au jour où la couronne britannique a adoubé Hunter comme fournisseur officiel de la famille royale en bottes de caoutchouc. En d'autres termes, la Duchesse de Cambridge porte des bottes Hunter lors de ses parties de chasse et autres balades post-averses. 
Néanmoins, la meilleure raison de porter des chaussures Hunter, ce n'est pas le prestige princier qui peut s'en dégager (en plus de l'odeur du caoutchouc) mais bien la collection Original de la marque. Cette dernière propose une gamme incroyable de bottes en caoutchouc dans toutes les couleurs possibles et inimaginables mais également quelques modèles de bottines robustes à talons qui vous feront chanter sous la pluie.


30 December 2014

HUMAN HAIRS DANS L'AIR DU TEMPS


Quelque chose vous dérange dans la photo ci-dessus? C'est certainement ce que l'artiste Zhu Tian a intenté. Au lieu de créer des chaussures en cuir, en plastique ou en daim, elle utilise un medium beaucoup plus surprenant: la chair humaine.

Nan! je plaisante, il s'agit de caoutchouc et il a le pouvoir de rendre la peau plus vrai que nature. Mais Zhu Tian va plus loin dans le 'nude' puisqu'elle rajoute des poils, des vrais, cette fois. Horreur! La répugnance s'empare de vous, un peu comme cette histoire de collants poilus chinois qui font rempart contre le viol... (à lire ici).

«Ce travail est un projet spécial commandé par ELLE Chine pour son 25ème anniversaire," l'artiste a expliqué à HuffPost. "ELLE m'a invité à créer une œuvre en utilisant une paire de talons aiguilles de Dior. J'ai essayé de questionner et contester l'image «sexy» des talons hauts dans la culture contemporaine. Sont-ils intrinsèquement sexy? Ou sommes-nous 'dit' qu'ils sont sexy?"

"En créant cette sculpture en forme de stiletto à partir d'une combinaison ambiguë de la texture de la chair et des poils humains, l'intention était de déconstruire le stéréotype de la féminité des talons hauts," at-elle poursuivi. 

Force est de constater que le mix de l'objet qu'est la chaussure avec les caractéristiques de l'humain (la chair) crée quelque chose de forcément dérangeant. L'homme ne peut être objet, puisque c'est celui-ci qui doit servir l'homme et non pas l'inverse. Or Zhu Tai pointe justement du doigt l'objectivisation de la femme; cette femme objet qui porte ses stiletto et se contraint à cambrer son dos et relever son buste sous le dictat des talons hauts. 

photos // HuffPost

13 November 2014

PROFS D'EPS DE LUXE

Alexander Wang a décidé qu'il fallait se mettre au sport. Ca a d'ailleurs débuté quand celui-ci à mis au goût du jour la claquette de ton maître nageur associée avec des chaussettes.
Pas besoin d'être ministre de la Santé pour lancer la donne "mangez, bougez", prière de l'an 2000 pour faire baisser le taux d'obèses (dont Karl faisait parti à une époque). Karl Lagarfeld s'était déjà essayé à l'exercice de père moralisateur en proclamant que la minceur c'était cool (voir article). Monsieur Wang se charge donc de la partie "bougez". Oui mais bougez avec classe. Ca signifie: gardez vos talons mais déguisez-les avec les codes sportwear.
Mieux encore, on note que la mouvance ecofriendly va de pair avec cette idée. Bah oui, pourquoi ne pas recycler les vieux modèles plutôt que d'en créer des nouveaux? C'est exactement ce qu'ont fait Alexander Wang et Maison Martin Margiela.


Bottine Tabi / Maison Martin Margiela 

La bottine culte Tabi Maison Martin Margiela avant son lifting

Alexander Wang x H&M


Alexander Wang / modèle 2010





30 October 2014

LE FLEUVE DE NIELS



Niels Peeraer, ce n'est pas juste un label, c'est un petit univers bittersweet où les noeuds ne sont pas en satin mais en cuir. Un cuir fleuri découpé en finesse et plié en mille feuille. Tout ce qui brille autour ne sont pas des joyaux précieux mais des pièces métalliques dorées lourdes et clinquantes. 

Niels Peeraer, né à Anvers en 1989, est un créateur d'accessoires. Il est diplômé de l'Académie Royale de mode d'Anvers (juin 2011). La collection finale pour son master a été récompensée de cinq prix et comprenait une collaboration de sacs à main en édition limitée avec Delvaux, la plus ancienne maroquinerie des produits de luxe, fondée à Bruxelles en 1829. Après ses études, Niels Peeraer a établi sa marque éponyme d'accessoires en cuir à Paris. 



Connu pour son travail singulier et émotionnel, Niels explore à travers ses collections le thème récurrent de l'opposition entre le masculin et le féminin. La rugosité et la sophistication de la matière fonctionne contre l'insouciance des dessins, aboutissant à une nouvelle vision de l'adulte mi-Peter Pan mi-dieu déchu. La récurrence des formes et des associations à travers les collections créent une homogénéité à l'univers très personnel - le designer semble vouloir assembler une petite armée de guerriers, ceux qui vivent dans des nuages doux et sucrés. Sans évoquer la notion de kawaii, on ressent l'influence du Japon à travers les semelles en bois des geishas soldats mâles et les réminiscences des petites ailes qui décorent les accessoires de tête, les chevilles et les poignets des sacs, toujours accompagnés de gros noeuds que le designer déverse comme la chantilly sur son gâteau.




Site officiel
Intie sur Eternal Optimist


24 October 2014

POURQUOI VOS PIEDS FONT PLUSIEURS POINTURES

Parce que les pointures de chaussures ne sont pas mondialement standardisées. Tant mieux pour la créativité et la singularité de la marque mais tant pis pour vous! puisque vous ne pouvez rien faire face à ce problème de taille... enfin de pointure.

Il s'agit en fait d'un problème à l'échelle de l'industrie: chaque marque développe sa propre forme de soulier pour chaque pointure et les chances que cette forme soit produite exactement par une marque concurrente sont minces. Il n'y a vraiment pas de standardisation entre les marques. 

Bootlast.com
Au cours de la phase de conception, l'ajustement est déterminé par un outil appelé une forme de cordonnier: un moule, modèle du pied sans orteils qui se décline en toutes formes et tailles. Il s'agit de l'élément clé pour une entreprise de chaussures, c'est sa patte, sa marque de fabrique. Ce serait même mettre en situation de désavantage l'entreprise que d'utiliser une forme standard. Une chaussure bien rodée, c'est-à-dire bien 'designée' et travaillée,  est la dernière partie intégrante de la réussite d'une marque. Puis au niveau de l'usine de fabrication, les techniques de travail de l'usine va faire en sorte que la forme sera plus large ou plus étroite. Vous remarquerez que les chaussures issues d'usines chinoises sont souvent plus larges et grossières qu'un paire fabriquée en Italie. 


Pour rendre les choses plus compliquées, il y a parfois des différences de taille non seulement d'une marque à l'autre mais aussi d'une chaussure à l'autre au sein même de la gamme. Nine West pourrait tout à fait faire produire tel modèle dans telle usine qui utilise un calibrage en particulier et aller voir ailleurs pour la confection d'un autre modèle qui nécessite des techniques spécifiques. Donc on peut même parfois se faire avoir en étant prudent en choisissant ses chaussures au fil des années auprès du même fournisseur. Cet épisode m'est arrivé avec la marque Vagabond. Je suis passée d'un 37 au 36 d'une collection à l'autre. 

Ensuite, il y a la mesure dans laquelle certaines marques sont engagées dans le développement de l'ajustement de leurs chaussures et ce, continuellement. Voyez le marché de la chaussure de sport: les marques doivent verser beaucoup de temps et d'argent dans la recherche&développement de la qualité et l'ajustement de chaque produit pour répondre à leurs clients souvent très exigeants puisque c'est la performance plutôt que le look qui est attendu. Chaque millimètre compte afin d'éviter le moindre frottement. Voilà donc ce qui explique le nombre à quatre chiffres de la semelle Asics (voir ci-dessus). 
Dans ce cas, il semble évidemment difficile de trouver chaussure à son pied et en particulier si vous commandez en ligne. La solution serait pourtant d'afficher un tableau récapitulatif de la longueur de chaque pointure selon chaque modèle. Un travail périlleux pour l'un mais salvateur pour l'autre (le client).



11 October 2014

LES ATELIERS TERSI

 

Le soulier a une résonance de conte de fée et espérer que celui-ci soit fabriqué dans notre pays relève d'une légende. Pourtant des âmes nobles s'activent à réanimer la magie dans un climat morose. Le passé néanmoins n'a pas été oublié et au contraire, a été une source d'inspiration pour Arnaud, entrepreneur et à l'origine des Ateliers TERSI

 
Lourd et noble héritage. La famille d'Arnaud possédait effectivement une fabrique de chaussures pour femme à Toulouse allant de la conception à la fabrication de A à Z. Ce système de production strictement local était une évidence dans le passé mais de nos jours, l'évidence est inversée et les coûts de production insistent à délocaliser. 
Que nenni, les Ateliers TERSI ont choisi de reprendre le flambeau de la tradition et privilégient l'artisanat. Voilà de quoi redonner du sens à un Made in France qui tend à disparaître. L'autre facette de la marque est d'incorporer une valeur ajoutée à travers la créativité. En effet le concept de la marque a le mérite de se distinguer par sa volonté d'incorporer des inspirations extérieures: l'idée est de ne produire que des collections capsules réalisées par un artiste (de tous horizons confondus) invité d'honneur de la marque et en quelque sorte directeur artistique le temps d'une collection. L'idée est brillante et souligne à quel point la chaussure peut se moduler à travers le prisme de disciplines artistiques très variées. 
La première artiste était Matali Crasset, designer et expérimentaliste. Elle a débuté l'historique des collections. Celle-ci est à la fois singulière, urbaine et organique, le trait de Matalie Crasset est concis et souligne une forte indépendance.

 


La seconde collection vient de sortir et cette fois, c'est une écrivaine, Marie Desplechin dont l'inspiration pour ses souliers a été Sophie de Ségur. Quoi de plus romanesque que de choisir une comtesse comme muse pour dessiner des souliers - tout à fait digne d'un conte de fée.
La boucle est bouclée!




4 October 2014

I WOULD KILL FOR THOSE HEELS


Le Brooklyn Museum comme si vous y étiez! Mon correspondant américain Jeff, résident à New York a pu se rendre à la toute dernière expo du BM au titre très évocateur: KILLER HEELS, the Art of the HIgh-Heeled Shoes. Plus de 160 paires exposées, des plus cultes aux plus expérimentales avec toujours ce point commun; le talon. Vous avez jusqu'au 15 février 2015 pour y jeter un oeil mais sinon vous pouvez apprécier les photos de Jeff, livrées pour vous, ENJOY!