"You definitely wear the weirdest shoes of everyone in this city - boyfriend (said) driving me to work this morning. Such a COMPLIMENT".
Le bizarre c'est bien plus qu'un état d'esprit rebel et anticonformiste, c'est une mode à part entière, un mouvement décomplexé qui n'a pas de règle si ce n'est celle reliée au chaos. D'abord un concept qui s'est forgé et qui s'est solidifié sur Tumblr à travers des images de nature morte futuriste et décors minimalistes où le sens et les symboles ne sont plus invités: ceux-ci sont d'une évidence trop forte et ne peuvent rendre service à des identités devenues incertaines et complexes. Ces identités font parties d'une génération Y, résultat d'une lourde équation d'influences.
La boutique en ligne Solestruck s'inscrit tout à fait dans cette mouvance et s'est appropriée les concepts contemporains du weird, tentant de faire glisser le bizarre dans le moule de la norme en le décomplexifiant (et aussi pour attirer plus de clients si vous voulez mon avis). Le bizarre est donc devenu une mode, et comme toute mode, on peut adhérer au style sans nécessairement avoir l'état d'esprit derrière, ou en d'autres termes; l'habit ne fait pas le moine et toutes les infirmières ne sont pas des cochonnes. Néanmoins pourquoi vouloir adopter un style weird si on ne l'est pas un tant soit peu. Et pourquoi ne pas prétendre au fond que ce rejet assumé de la norme n'est qu'une réponse à l'ennui. Cette réponse se traduirait par le loufoque, l'auto-dérision, le mauvais goût, et le bizarre. Mais qu'est-ce que le bizarre? Des choses qu'on a du mal à expliquer, dont on ne trouve pas l'origine et leur raison d'être. De là émane du mystère voire un univers mystique. Et quoi de plus sexy après tout qu'une femme mystérieuse?
Le bizarre est donc le nouveau sexy.
BAM!
Quoi? Vous ne trouvez pas que les compensées XXL ou les baskets à poils sont sexy? Peut-être faites-vous alors parti des personnes qui considèrent que les talons aiguilles restent un gage de féminité alors qu'une autre partie de la gente féminine (exclusivement) considèrent les talons hauts comme vulgaires (pas moi qui le dis), fruit d'un modèle créé par les hommes, pour les hommes (et un peu pour les femmes). La société tremble, donc, et les femmes en ont finalement décidé autrement.





